LA TOUR DE TREVES, SYMBOLE DE PUISSANCE ET DE POUVOIR

 

TREVES, village ligérien riche en histoire et patrimoine, a eu un passé glorieux et fastueux ; l’importance stratégique de ce lieu remonte au XIe siècle.

 

VUE DE TREVES de Maître Jacques THIVIERE, prêtre prieur de CHENEHUTTE, le 18 juin 1670

 

Cette remarquable tour visible de loin, un bastion d’une forteresse du XVe siècle, a près de 50 mètres de hauteur et faisait partie d’un important château-fort dont l’origine remonte au XIe siècle. Elle communiquait avec le château grâce à un pont-levis.

 

La forme particulière de cette tour est le résultat de l’accolement d’une tour ronde et d’une tour carrée.

 

Unique vestige de l'ancien château du XVe siècle construit par Robert Le Maçon, elle communique avec le reste du château grâce à un pont-levis. En 1750, le château de Trèves réaménagé en demeure de plaisance est vendu à Jean de STAPLETON. Celui-ci le fait abattre, ne laissant subsister que la tour maîtresse.

Les trois niveaux inférieurs sont dévolus à la défense et aux cuisines ; les deux derniers étages sont ceux des appartements seigneuriaux ; un escalier mène à la terrasse entourée d’un chemin de ronde à mâchicoulis.

Voici ce que nous apprend Célestin PORT, archiviste, auteur du dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine-et-Loire, sur l’histoire de TREVES.

Le pays, que traverse sur les hauteurs la grande voie d’Angers à Saumur par la rive gauche, doit sa dénomination antique de Clémentiniacus, à l’habitation sans doute de quelques noble romain ou gallo-romain du nom de Clément ou Clémentin, que rappelle encore sur la rive droite, le vocable de la commune de Saint-Clément-des-Levées.

 

Jusqu’au XIe siècle, quoique dépendant du pagus angevin, il est soumis à la domination du comté de Blois, et en particulier du château de Saumur, qui s’étendait jusqu’à Gennes et où commandait le terrible GELDUIN.

 

Surpris un jour par l’approche imprévue d’une armée angevine, il envoya au-devant du comte Foulques Nerra, pour lui proposer de faire accord et trêve. « Trêve, soit, dit le comte, et je veux la faire ici ». Et il prit pied sur le terrain ennemi, en élevant, là-même où il campait, pour tenir en bride le Saumurois, un château fort qui resta baptisé par ce bon mot. Ainsi le raconte le chroniqueur de St Florent, presque contemporain de l’histoire.

 

Foulques le Réchin rasa ce château le 19 juin 1069, et en le reconstruisant quinze ou vingt ans plus tard, en fit don au chef d’une nouvelle famille de chevalerie, Geoffroy FULCRADE, qui prit l’habit de moine vers 1089 à Saint Florent. Son fils Geoffroy, 1093-1142, fonda le bourg et les deux prieurés.

 

En 1147, on trouve pour seigneur Renaud Le ROUX qui suivit Louis VII à la croisade. Après lui, Aimery de LOUDUN. Le manoir assiégé en 1206 par Jean Sans Terre résista et tint bon jusqu’à l’approche de l’armée royale. Un Geoffroy de LOUDUN est encore seigneur en 1220, 1228. Bouchard de MARMANDE en 1258, 1259. Le dauphin d’Auvergne en 1391. La terre fut à la fin du XIVe siècle fut divisée en deux parts, l’une et la principale, attribuée à la comtesse de SANCERRE, femme de Jacques de MONTBERON, l’autre au sieur de MAULEVRIER.

 

Puis par un acquêt du 18 août 1416 et par un échange se trouva réunie de nouveau aux mains du chanceliers de France, Robert le MACON, dont le sénéchal en prit possession le 18 juillet 1417.

 

Le nouveau seigneur, avec l’aide toute puissante du dauphin, qui allait être Charles VII, devait donner à son domaine une splendeur inespérée.

 

Il existait sans doute de toute ancienneté un double péage établi d’une part sur les bateaux passant la Loire et de l’autre sur les marchandises cheminant par terre par les routes de Gennes, de Poitiers ou de Saumur, et à chaque frontière de la baronnie depuis le Ponceau des Tuffeaux à celui de Gennes, à Grézillé, Louerre, Coutures, Louresse ; des branchées à boète et billettes, pendant sur les chemins, en avertissaient les passants.C’était là le grand revenu, la richesse du château du Chancelier.

 

Les lettres-patentes du Dauphin du 07 novembre 1420 confirment à Le Maçon tous les droits antérieurs de la baronnie, ajoute ceux de tribut et péage sur chaque pipe de vin passant la dite rivière de Loire en dévalant ou en montant par battel ou batteaux devant ledit chastel de Trèves ou traversant par charroi ladite châtellerie la somme de 10 deniers, sur chaque muid de vin, 5 deniers, de même un minot de sel sur chaque muid de sel.

 

Le 16 février 1424, le Dauphin devenu Roi accordait, outre les trois anciennes foires qui se tenaient dans le bourg à la Saint-Luc, à la Saint-Matthieu, à la Sainte-Catherine, 3 nouvelles foires à tenir les mardis après l'Ascension et la Saint-Jean-Baptiste, et le jour de la Saint-Aubin, avec marchés et assemblées tous les mardis ; elles furent transférées à Cunault, ainsi que les foires, en décembre 1762.

 

En 1435, ces privilèges royaux qui enrichissaient le pays, sans doute aux dépens des anciens marchés de Gennes et qui rapportaient surtout au seigneur de beaux droits de prévôté, permirent au Chancelier Le Maçon d'entreprendre et d'achever la reconstruction de son manoir seigneuriale et surtout du principal donjon. Le bourg qu’il abritait était devenu un véritable centre d’activités. Ses foires, ses péages, son port, l’importance des seigneurs y attiraient volontiers les habitants, les marchands, des populations de tout genre, et avec elles aussi, plus d’une misère.

 

 

Il y existait dès le XIVe siècle une Maison-Dieu et une aumônerie ; et quand le chancelier mourut, le 2 janvier 1443, il venait d'établir à Trèves une maladrerie pour ladres, parce qu'il y est survenu pauvres gens malades d'icelle maladie.

 

Il fut enterré dans l’église paroissiale de TREVES en Anjou, sous une tombe de pierre plate, sur laquelle son effigie étant aussi de pierre est représentée couchée, élevée de deux à trois pieds de terre, dans l’épaisseur de la muraille sous une arcade, à côté de l’autel de la chapelle qu’il avait fondée en ladite église, en l’honneur de la Bienheureuse Marie Magdeleine, par son testament qui est de la même année ; sa figure est revêtue d’une robe et coiffée d’un bonnet, au-dessus duquel est une mauresque antique , ses pieds sont appuyés sur un lion couché sur le ventre, qui regarde de côté, et relevé la queue entre les jambes, deux écussons nus, et non remplis d’aucunes Armes au bas de ladite tombe, qui sont effacés et usés, avec cet Epitaphe :

 

« Cy gist Noble Homme, Messire Robert le MACON, chevalier, Baron de Trêves, jadis chancelier de France, qui trépassa le deuxième jour de du mois de janvier l’an 1442. Priez Dieu pour lui ».

 

Il avait doté cette chapelle de la terre de Prégodon, et de quinze livres tournois de rente qu’il avait assignées sur le péage de ladite ville de TREVES, pour raison de quoi il y eut procès au parlement de Paris, l’an 1451, entre le nommé Michel Pannier, Chapelain de ladite chapelle, et Guy d’AUXI, chevalier, et Jeanne MORTEMER, sa femme, et auparavant dudit Robert LE MACON, qui l’avait épousée en 1428, laquelle n’avait que quinze ans lors de son premier mariage.

 

 

Commençons par la chronologie des seigneurs barons de TREVES ; elle nous permettra de mieux comprendre l’histoire de CLEMENTINACUS qui deviendra TREVES.…..

Dès le 8e siècle, le domaine de CLEMENTINIACUS appartenait, par la donation du Roi Pépin, renouvelée par Charlemagne et Charles Chauve, aux moines de Saint-Aubin d’Angers.

Le cartulaire de l’abbaye de Saint-Aubin d’Angers, publié par le comte Bertrand de BROUSSILLON, nous renseigne de façon intéressante sur CLEMENTINIACUS, dès 769. Puis CLEMENTINIACUS ou CLMENTINIACUM devint TREVES.

Ce cartulaire est une source importante d’informations sur TREVES à l’époque médiévale, sur le contexte historique et social de l’époque.

En voici quelques extraits :

- En l’an 769, PRECEPTE PAR LEQUEL CHARLEMAGNE CONFIRME LES POSSESSIONS DE SAINT-AUBIN
Precepium Caroli régis Magni de confirmalione rerum anli-quarum monasterio Sancti Albini quaviim hec sunt nomina Maironnus, Clemenliniacus, Papirius, Pntnariits, Sabiacus, Multonacus, Monasteriolum, vinea juxla ipsum monasterium,piscatio a porta Canciacense usque ad insulam que nuncupalur Virelisla, centum modios salis ex villa Justinacio.

- En l’an 849, le 25 juin, PRECEPTE PAR LEQUEL CHARLES LE CHAUVE CONFIRME LES POSSESSIONS DE SAINT-AUBIN. Preceptum Garoli régis, coyiiomine Calui, filii Illudovici, de confinnalione rerum Sandi Albini que mnl Clcmcntiniacus, Pupirius, Pmnarius, Sabiaeus, Mullonncus, Monasteviolum, vinea juxla ipsum nionaslevium, jmcatio a porta Cunciacensc mque ad hmilam que nuncupalw Jurblisla, centwn modiox salis in villa Jusliniuco.

- En L’AN 1076, CHIROGRAPHE PAR LEQUEL L’EVEQUE D’ANGERS, EUSEBE, CONSTATE LE DROIT DE PROPRIETE DE SAINT AUBIN SUR CERTAINES PAROISSES ; CLEMENTINIACUS est mentionné

- En 1060-1067, DANS LE CARTAE DE OBEDIENTA TREVIIS, NOTICE DES SOLUTIONS DONNEES AUX LITIGES EXISTANT ENTRE SAINT-AUBIN ET AIMERY, SEIGNEUR DE TREVES, PAR UN TRIBUNAL CONSTITUE PAR GEOFFROY LE BARBU.

- En 1056-1060, RESTITUTION FAITE A SAINT AUBIN PAR GEOFFROY LE FORT, SEIGNEUR DE TREVES, D’UNE ILE SISE A TREVES. (TREVIAS)

- En 1060-1067, NOTICE D’UN LITIGE ENTRE L’ABBAYE de SAINT AUBIN ET LES MOINES DE CUNAUD AU SUJET DE LA SEPULTURE D’UN HOMME MORT A TREVES. (TREVIIS)

- En 1056-1060, NOTICE DES CONDITIONS SOUS LESQUELLES SAINT AUBIN REMIT AUX PRETRE URSION LA JOUISSANCE DE L’EGLISE DE TREVES. (TREVIIS)

- Le 21 novembre 1114, NOTICE DU DON FAIT A SAINT AUBIN PAR GEOFFROY FOUCRE, SEIGNEUR DE TREVES, DE TOUTES LES COUTUMES DUES PAR LES HOMMES DES MOINES DANS LA TERRE DE TREVES
Jofredus Fulchradi, dominus Castri quod dicitur Trevias,…… quam habebat in Sancti Àlbini, apud Clementiniacum, ita etiam ut villarni qui in terra de Clementiniaco

- Le 12 mai 1129, NOTICE DANS LAQUELLE LES MOINES DE Saint AUBIN RELATENT LES CONCESSIONS SUCCESSIVES FAITES PAR EUX DANS LEURS FORETS AUX COMTES D’ANJOU, ET LA SENTENCE PAR LAQUELLE Geoffroy PLANTAGENET MIT UNE LIMITE AUX EMPIETEMENTS DE SES GENS.
Curtem que vocata esf olim Clementiniacus, in qua modo castellum quod dicitur Trévias situm est

, - EN 1157-1189 – NOTICES DANS LESQUELLES LE MOINES RELAIENT L’HOMMAGE FAIT A LEUR ABBE PAR AIMERY DE TREVES ET LE DON FAIT PAR CELUI-CI A L’ABBAYE DU QUART DU TONLIEU DE LA FETE DE SAINT AUBIN.
Sciant présentes et futuri quod Haimericus de Treviis……

- En 1192, CHIROGRAPHE PAR LEQUEL L’ABBE GEOFFROY ARRENTE A BERTHELOT, NEVEU D’AIMERY DE MECRIN LE PRIEURE DE TREVES.
Sanctus Albinus de Treviis

Au début du XIe siècle, Trèves est à la limite des domaines des Comtes de Blois, vers l'est, et des Comtes d'Anjou, vers l'ouest. A cette époque, Trèves fait partie des domaines dépendant du château de Saumur dont le Seigneur est Guelduin, un vassal du Comte Eudes de Blois.

CLEMENTINACUS devient alors TREVES.

- Geoffroy le FORT de TREVES, né vers 1010, décédé vers 1059 à l’âge d’environ 49 ans. Il fut marié en 1033 avec Téchildis de MAILLE, Dame de TREVES, née vers 1017, fille de Gausbert II de MAILLE, baron de MAILLE dont :

- Hardouin de TREVES, né vers 1035, moine au monastère de Saint-Nicolas d’Angers.

Un peu d’histoire sur le comte d’ANJOU et les seigneurs de TREVES…..

En cette fin du XIe siècle, une pénible affaire met l’Anjou à feu et à sang …

Avant 1026 le Comte d'Anjou, Foulques Nerra, s'empare de la place de Trèves et y construit un château. Le site lui servit de base lors de sa conquête de SAUMUR en 1020. Il le confie à Herbert le Rasoir Seigneur de Sablé puis à Thibaud le Bouteiller.

Le 14 novembre 1060, Geoffroy Martel, fils de Foulques Nerra, décède et laisse le pouvoir comtal sans héritier direct. Ses deux neveux Geoffroy le Barbu et Foulques le Réchin se disputent le pouvoir du feu comte. D’abord reconnu, Geoffroy le Barbu est fait prisonnier par son frère Foulques qui mène une lutte soutenue contre les barons qui refusaient de reconnaître son autorité.

Vers 1060, c'est Geoffroy le Fort, époux de Tichildis, la soeur de Hilduin Ier de Maillé, qui est installé à TREVES. Il tient pour le nouveau Comte d'Anjou Geoffroy le Barbu.

Son fils Hardouin conserve des liens avec les Comtes de Blois et soutient lui aussi Geoffroy le Barbu pendant la guerre entre celui-ci et Foulques le Réchin.

Le château de TREVES est pris le 19 juin 1068 et détruit par Foulques le Réchin, assisté par un parent d'Hardouin, Aimeri. Hardouin vaincu est aveuglé et se fait moine. Son frère Guillaume est déshérité.

Foulque Le Réchin fait, pour subvenir aux besoins de ce dernier, qu’il avait châtié de sa défection imprévue en le privant de tous ses patrimoines et en le faisant aveugler, divers dons au monastère de Saint Nicolas d’Angers, où Hardouin venait d’embrasser la vie monastique, et confirme aux moines dudit lieu la possession des terres de Cumeray et de Richebourg, près du Thoureil qui faisaient partis du fief de Trêves, ainsi que les pêcheries sur la Loire et dans la Vallée que le comte lui avait cédées pour un temps.

Le chateau est reconstruit par Foulques le Réchin à la fin du XIème siècle.

- Téchildis de MAILLE,née vers 1017, veuve de Geoffroy le FORT,né vers 1010, se maria en secondes noces vers 1060 avec Aimery FOUCHARD, seigneur de TREVES, dont :

- Geoffroy FOUCHARD, ou Geoffroy FULCRADE, seigneur de TREVES, né vers 1060, décédé après 1091, sénéchal du comte d’Anjou, puis moine à Saint Florent, marié avec ? dont

- Geoffroy, (1093-1142), fondateur du bourg et de ses deux Prieurés. Il part en croisade en 1102.

- ? FOUCHARD, Dame de TREVES, née en 1090, mariée avec Gilbert de LOUDUN, seigneur de TREVES, né en 1085, dont

- Galdredus de LOUDUN, seigneur de TREVES, né en 1115, marié avec ? dont :

- Geoffroy de LOUDUN, seigneur de TREVES, né en 1145, marié avec Béatrix RIBOUL

dont

- Marguerite de LOUDUN, mariée à Gauthier III de MONTSOREAU, seigneur de MONTSOREAU et de COUDRAY, né vers
1140, dont

- Béatrix de MONTSOREAU, née vers 1205, mariée à Guillaume de MARMANDE, décédé en 1256, dont

- Bouchard de MARMANDE, chevalier, seigneur de Marmande, Cravant, Trêves, né vers 1230, décédé en 1278, marié à Agnès de BAUCAY

- Guillaume III de MARMANDE, né vers 1260, et décédé après 1364, époux d’Isabelle DE LA HAYE-JOUSLAIN, dont :

- Pierre de MARMANDE, né vers 1290, marié à Isabelle de LA HAYE-PASSAVANT, dont :

- Marguerite de MARMANDE, née vers 1335, décédée vers 1371, mariée en 1357 avec Jean III de SANCERRE, dont :

- La Comtesse Marguerite de SANCERRE, née vers 1355, décédée en 1418, mariée le 27 juin 1374 avec Béraud II le Grand d’Auvergne, décédé en 1399, puis, en 1406, avec Jacques 1er de MONTBERON, Baron de Maulévrier, décédé en 1422

- Robert le MACON, soutien de Jeanne d’Arc, chancelier de France et baron de TREVES, né en 1365, fils de Guillaume LE MACON et de Jeanne BOTEREL, fut l’époux de Jeanne de MORTEMER , fille de Jean de MORTEMER. Il décéda le 2 janvier 1442 à TREVES-CUNAUD, âgé de 78 ans environ, sans postérité. Le 18 juillet 1418, il fit l’acquisition de la Baronnie de TREVES.

- Guillemette LE MACON, sœur de Robert, épousa Etienne FILLASTRE, seigneur de la baronnie de TREVES

. - Roberte FILLASTE, Dame héritière de TREVES, fille de Guillemette LE MACON et d’Etienne FILLASTRE, épousa Jean de MONTECLER, compagnon de Jeanne d’Arc, et chevalier banneret seigneur de TREVES, fils de Guillaume de MONTECLER, chevalier seigneur de BEAUFORT en VALLEE, et de Charlotte de COURCERIERS. Jean de MONTECLER décéda le 3 avril 1439

. - Charles de MONTECLER, écuyer, seigneur de TREVES, fils de Jean de MONTECLER et de Roberte FILASTRE, épousa Béatrix ANGIERS de CRAPADO ; ils eurent plusieurs enfants dont :

- René de MONTECLER

- Françoise de MONTECLER, Dame de la Trébonnière, fille de Charles, baron de Trêves, seigneur de HUILLE, et de Béatrix ANGIERS de CRAPADO, sœur de René de MONTECLER, dernier baron de TREVES, épousa René de VILLEPROUVEE, chevalier, seigneur du lieu, de COURCERIERS ; il fut donc baron de TREVES à partir de 1474…….

- François de VILLEPROUVEE, chevalier, baron de TREVES en 1491, après la mort de René de MONTECLER, son oncle, seigneur de VILLEPROUVEE, GOURCERIERS, présent au procès-verbal de la coutume d’Anjou en 1508, épousa le 23 décembre 1486, demoiselle Françoise du Plessis, fille de Jean, chevalier, seigneur de la BOURGEONNIERE, et de Suzanne de la ROCHEFOUCAULT. François de VILLEPROUVEE mourut vers 1523.

- François de VILLEPROUVEE, fils du précédent, chevalier, baron de TREVES, né en 1504, épousa par contrat du 12 novembre 1520, demoiselle Anne d’ASSE, fille de feu Messire Adrien d’ASSE, chevalier, seigneur de la ROULLIERE et de feue Louise de FROMENTIERES. D’un caractère fort simple, il fut marié dès l’âge de 16 ans par son père, mais cette union ne fut pas heureuse. Sa femme, qui avait dix-sept à dix-huit ans, était orpheline et d’un caractère gai et délibéré. Elle se serait entendue avec un apothicaire de THOUARS pour le débarrasser de son mari et épouser René de THORY, écuyer, seigneur de BOUMOIS. Quoi qu’il en soit, son mari mourut en janvier 1529, la laissant enceinte d’un enfant qui fut nommé François, et deux mois après, elle épousait en secret René de THORY, dont elle eut plusieurs enfants.

- François de VILLEPROUVEE, chevalier, baron de TREVES, né après la mort de son père, en juillet 1529, chevalier de l’ordre du roi, épousa par contrat du 29 avril 1548, Demoiselle Jeanne de la CHASTRE, fille de Joachim, alias Gabriel, chevalier, seigneur de NANCY (Berry), capitaine des gardes du corps du roi Henry II et de Françoise FOUCHER. Il mourut le 27 décembre 1552, d’une blessure reçue au siège de METZ, sans laisser de postérité, et sa veuve épousa en seconde noce, Guy de MONCEAUX, chevalier. La succession passa en 1559 à sa tante, Guyonne de VILLEPROUVEE ; en lui s’éteignit la branche aînée de la famille de VILLEPROUVEE.

- Guyenne de VILLEPROUVEE épousa par contrat du 19 avril 1516, Messire Guy d’AVAUGOUR, chevalier, seigneur de la ROCHE-MABILLE,….Elle hérita en 1552, de son neveu François de VILLEPROUVEE, baron de TREVES, et fut de ce chef, baronne de TREVES, Dame de la ROCHE-NORMAND…..Elle mourut, laissant une fille unique, Claude, qui porta toutes ces seigneuries à son mari, Jacques CLERAMBAULT, vicomte du Grand MONTREVAUT.

- Claude d’AVAUGOUR, Dame de la ROCHE-MABILLE, fille unique de Guy d’AVAUGOUR, seigneur de la ROCHE-MABILLE, et de Guyonne de VILLEPROUVEE, Dame de TREVES, mariée par contrat du 16 mars 1540 à Jacques CLEREMBAULT l’Aîné, fils de Gilles CLEREMBAULT, chevalier, vicomte de MONTREVAUT, seigneur de la PLESSE, et Jeanne CHAPERON. Elle survécut à son mari, et avait la garde des enfants en 1560. Dont :

- Jacqueline CLEREMBAULT, vicomtesse du Grand Montrevaut, baronne de TREVES en 1590, Dame de la ROCHE-MABILLE, de la PLESSE, fut mariée à Pierre de LAVAL, seigneur de LEZAY, fils de Guy de LAVAL, seigneur de LEZAY, et de Claude de la JAILLE.

- Pierre de LAVAL, 1616, leur fils, conseiller d’Etat, capitaine de 50 hommes d’armes, baron de LEZAY, mari de d’Isabelle de ROCHECHOUART- MORTEMART,

CHATEAU DE TREVES AU XVIIe SIECLE

 

- La baronnie de TREVES, possédée par le comte Hilaire de LAVAL en fut promptement dépossédé, de la souveraine volonté du cardinal de RICHELIEU, en faveur du Maréchal Urbain de MAILLE-BREZE, son beau-frère
Le Maréchal de MAILLE enviait depuis longtemps d’ajouter le beau domaine de TREVES à sa terre de MILLY ; il n’hésita pas à faire intervenir la haute influence de Richelieu, son beau-frère, pour violenter les refus persistants d’Hilaire de LAVAL, qui ne demandait qu’à rester dans son beau château à regarder couler mollement la Loire du haut de son donjon.

- Le 16 mars 1642, Hilaire de LAVAL vendit la baronnie de TREVES au cardinal-ministre, qui le transmit immédiatement à son beau-frère, Urbain de Maillé-Brézé, Maréchal de France, seigneur de Milly le Meugon et autres, pour le prix de deux cent mille livres.

- Par le mariage de Claire-Clémence de MAILLE, unique héritière d’Urbain, avec Louis de BOURBON, premier prince du sang, dit le Grand Condé, la terre de TREVES passa dans cette illustre maison. Le vainqueur de ROCROY rendit hommage au roi en décembre 1681, pour sa baronnie de TREVES, toujours vassale du château royal de SAUMUR. Les nombreux fiefs-liges de la seigneurie de TREVES devaient, selon leur importance, quarante, vingt ou quinze jours de garde en la tour, à la réquisition du baron. Quelques-uns devaient en outre, un cheval de service, des mailles d’or ou une paire d’éperons dorés.

- Par acte d’échange le 23 mars 1747, TREVES passa au comte d’ESTREE. Immédiatement, le comte d’ESTREE vendit ce domaine au comte de STAPLETON, seigneur irlandais, un des compagnons du roi Jacques, pour la somme de 510 000 livres ; il érigea la baronnie de TREVES en comté et joignit à la baronnie tous les autres domaines en relevant

. - C’est en faveur de ce nouveau venu que Louis XV, par lettres du 23 août 1747 érigea la baronnie en comté, en y réunissant les terres de LAILLOU, MILLY, VILLENEUVE-MAILLARD, BAUCHERON, VIROLAIS, SAUGRE, POCE, MARSON et autres. Dès 1750, l’acquéreur fit abattre le château, n’en conservant que le seul donjon. Il mourut le 1er juin 1776 et fut inhumer dans le chœur de TREVES. Sa fille Marie avait épousé le 7 novembre 1774 Jean-Baptiste Charles de LAURENS. C’est à elle qu’échut le domaine de TREVES.

- En 1789, après la mort de Jean de STAPLETON, ses domaines furent partagés entre ses enfants : la république, aux droits de l’un d’eux, supposé en émigration, mit le séquestre sur la totalité des domaines, et en fit faire l’estimation par deux experts, l’un pour le gouvernement, l’autre pour les héritiers STAPLETON. D’après cette estimation, chaque copartageant, y compris la république, eut une portion des domaines du comte : TREVES fut le lot Mr Charles Joseph Amable de RICHARD, baron de Castelnau, aux droits de son épouse, Mlle GOHIN de MONTREUIL, héritière comme petite-fille de STAPLETON.

- Le 29 octobre 1832, Mr de FOS, déjà propriétaire d’une grande partie du domaine, y ajouta par acquêt la belle tour de Robert Le Maçon.

- Le 2 mars 1873, le domaine fut transmis au docteur MAUPOINT, propriétaire du prieuré Saint-Aubin. Des réparations urgentes ont été faites à la tour de TREVES par le nouveau propriétaire, auquel on doit savoir gré d’avoir assuré la conservation d’un monument historique qui forme, sous les regards du voyageur, un point de vue aussi pittoresque qu’imposant.

 

Aux Archives départementales d’Angers, 45 volumes, comprenant le chartrier à peu près complet de la Baronnie de E 1322 à E 1366, nous ont permis de découvrir les aveux, transactions et autres titres des seigneurs de la baronnie de TREVES.Nous ne pouvons pas tous les citer.

 

Dans le tome 1er, quatre anciens titres de propriété dont trois en latin, portant des dons faits par les seigneurs de TREVES de différents biens, tant au prieuré de CUNAULT, qu’à l’abbaye de NYOISEAU. Les biens donnés à ladite abbaye de NYOISEAU consistaient en le prieuré de Saint JEAN d’HERBAUT qui, depuis, a été permuté par l’Abbesse dudit lieu avec l’Abbé de Saint-Florent.

Dans la chronologie des seigneurs, nous avons cité Bouchard de MARMANDE, chevalier, seigneur de Marmande, Cravant, Trêves, né vers 1230, décédé en 1278, marié à Agnès de BAUCAY.

Dans un registre, voici son témoignage que nous avons trouvé :


Moy, BOUCHARD de MARMANDE, seigneur de TREVES,

Sachent tous en général que j’ai toujours considéré et entendu que les écrits et mémoires de Foulques et Geoffroy, cy-devant comtes d’Anjou, fussent de bons ? , héraldiques et authentiques, c’est-à-dire indigner de toute suspicion…….et très bien confirmés par les sceaux des armes des comtes ci-dessus, ainsi suivant ces expressions.


Au nom de la Sainte et indivisible Trinité, Moy, Foulques, Comte d’Anjou, fait savoir à tous les fidèles Chrétiens, tant présents qu’à l’avenir, après la démolition que je fis de mon château de TREVES, ayant formé le dessein de le faire reconstruire, j’allais à l’église de CUNAUT, dédiée à la Bienheureuse Vierge Marie, dans celuy d’y faire ma prière, lequel lieu de CUNAUD à la proximité de ma dite seigneurie de TREVES, ainsi que me l’ont représenté plusieurs personnes de qualité de religieux, qui, dans ce même lieu, célébraient le service divin, de celui de la Mère de Dieu, était mal à propos vexé par le Bailli de ma dite seigneurie et encore par les habitants d’icelle, chose qui me déplut fort, pourquoi de l’avis du conseil des nobles des environs, j’ai projeté un arrêté de cour et mettre la paix où régnait le trouble ; car pendant que durerait la démolition de mondit château, j’avais accordé le port et marché de ma dite seigneurie de TREVES auxdits religieux de CUNAUD, et au reste, j’ai statué que désormais, il s’y tiendrait ce qui effectivement a été très bien observé jusqu’au rétablissement de mondit château ; sitôt que cela fut fait, je priais lesdits religieux de me redonner lesdits port et marché pour les transférer audit TREVES. Pour récompenser de leurs bons agréements à mon égard, j’ai baillé et cédé en faveur de ladite église de CUNAUD et desdits religieux, leurs successeurs, tout le chemin, circonstance et dépendance et choses y adjacentes…..

De plus, j’ai baillé et cédé audits religieux tout le terrain de l’église dudit CUNAUD, nommé LISIERES, à prendre depuis le bois jusqu’au-delà du chemin saumurois, dans lequel je percevais quantité de dixmes de vin,…….

Le dernier jour de mai 1421, un document nous apprend la confirmation du péage de TREVES, par Jean, Duc de Bretagne, octroyé à Robert LE MACON, ses hoirs, successeurs, et ayant causes, seigneur baron, à raison de 10 deniers tournois par pipe de vin, et d’un minot par muid de sel.

 

Des lettres patentes du 16 février 1423 contenues dans le chapitre 2 nous apprennent l’établissement de trois nouvelles foires au lieu de TREVES, outre trois autres, qui ont accoutumé, et qui d’ancienneté, tiennent audit lieu de TREVES

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 13 décembre 1433, est une ratification par :


Charles, Roi de France, du don et octroy par lui fait, lors qu’il était régent du royaume, à Robert Le MASSON, ses hoirs ayant cause, et successeurs, seigneur de la Baronnie de TREVES, des droits d’augmentation de péage et acquits, tant sur la rivière de Loire que par terre, suivant les lettres patentes du 7 novembre 1420.

Les dites lettres patentes de 1420, accordées audit Le MASSON, en considération des notables, longs et grands services digne de mémoire, faits en grand travail, soin et diligence, à Monsieur, à Madame, à nous et à la chose publique, de ce royaume.

Premièrement, en l’office de Conseiller Maître ordinaire des Requêtes de l’hôtel de Mondit seigneur, et en après, en l’office de chancelier, et aussi pour sa constance et industrie avec aucun autre nos conseillers, il fut cause que nous fûmes préservés en retrait des dangers et périlleuses séditions et meurtres inhumains et rebellions advenus à Paris, l’an 1418, contre Monseigneur et nous, à l’entrée des gens du feu Duc de Bourgogne et lui, comme loyal serviteur du grand désir qu’il avait au salut de notre personne, en mettant arrière la sûreté de sa vie, pour nous retraire, descendit de son cheval, lequel il avait pris pour sa salvation et icelui, nous bailla pour nous partir, et en recouvra un autre pour son salut, car les nôtres ne pouvaient à tel besoin recouvrer qui fut cause de notre préservation et ne pouvait jamais partir de notre souvenance et à Icelui notre chancelier considéré, qu’il est baron et seigneur du châtel de TREVES,, qui est lieu d’ancienneté noble,, séant sur la rivière de Loire, au Duché d’Anjou, et auquel châtel à péage et travers anciens tant par eau comme par terre, et est icelui châtel assis en placé sur ladite rivière de Loire, et que ce vertueux et haut service desservant être reconnu par prérogative et noblesse spéciaux voulu et ordonné par ledit et constitution royal, voulons, ordonnons, concédons et octroyons pour l’augmentation dudit châtel, par devoir tribut et péage sur chacune pipe de vin, passant ladite rivière de Loire, en dévalant ou en remontant par bac ou bateaux devant ledit châtel, ou traversant par charroie ladite châtellenie, la somme de dix deniers tournois, et sur chaque muid de vin, cinq deniers tournois et aussi de tous autres vassaux selon leur quantité. Et sur chacun muid de sel, mesure de Paris, montant, dévalant ou traversant à charroie comme dessus, un minot de sel, à la mesure ou autre quantité……..

LE MEURTRE DE JEAN SANS PEUR SUR LE PONT DE MONTEREAU

Rappelons que Robert Le Maçon se trouvait auprès du Dauphin dans la nuit du 29 au 30 mai 1418, quand les Bourguignons vinrent pour l’enlever. Il prêta son cheval à TANGUY du CHATEL pour sauver le jeune prince. En 1419, Le MACON assistait au meurtre de Jean SANS PEUR sur le pont de Montereau.

En reconnaissance et récompense des services signalés et constatés dans ces lettres patentes du 7 novembre 1420, le Dauphin confirme à Le MACON tous les droits antérieurs de la Baronnie, ajoute ceux de tribut et péage sur chaque pipe de vin passant la dite rivière de Loire, en dévalant ou en montant par battel ou bateaux devant ledit châtel de TREVES ou traversant par charroi ladite châtellenie la somme de 10 deniers…..

En 1424, le Dauphin, devenu roi, accordait de plus à son chancelier, outre les trois anciennes foires qui se tenaient dans le bourg à la St Luc, la St Mathieu, à la Ste Catherine, trois nouvelles foires à tenir tous les mardis après l’Ascension et la St Jean-Baptiste, avec marchés et assemblées tous les mardis qui furent seulement en décembre 1762, transférés à CUNAUD, ainsi que les foires.

Ces privilèges royaux qui enrichissaient le pays, sans doute aux dépens des anciens marchés de GENNES, et qui rapportaient surtout au seigneur de beaux droits de prévôté, permirent au chancelier LE MACON d’entreprendre et d’achever en 1435 la reconstruction de son manoir et surtout du principal donjon.

Le bourg qu’il abritait était devenu un véritable centre d’activité. Ses foires, ses péages, son port, l’importance de ses seigneurs y attiraient des populations de tout genre et avec elles, aussi plus d’une misère….
Il y existait vers le XIVe siècle une Maison-Dieu et une aumônerie et quand LEMACON mourut, il venait d’y établir une maladrerie pour ladres, parce qu’il y est survenu pauvres gens malades d’icelle maladie…..

Le 25 janvier 1440, Robert Le MACON, chevalier, seigneur et baron de TREVES, rendit aveu de la terre et baronnie de TREVES, ses appartenances et dépendances, à René, Duc d’Anjou, seigneur de SAUMUR, Il est bien mentionné qu’une partie, à savoir la principale, appartenait jadis à la Comtesse Marguerite de SANCERRE, épouse de Jacques 1er de MONTBRUN, et l’autre partie de ladite baronnie, au seigneur de MAULEVRIER.

Rappelons que Robert Le MACON fit l’acquisition de la Baronnie de TREVES le 16 août 1416.

 

 

 

 

 

Un aveu rendu le 26 février 1581 par Claude d’AVAUGOUR, Dame de Neuville, ….. et de la Baronnie de TREVES, veuve de feu Messire Jacques CLEREMBAULT, vivant chevalier, à très haut, très puissant, très illustre Prince François, fils de France et frère du Roi, Duc d’Anjou, d’Alençon et du Berry.

 


Parmi les multiples biens déclarés, il y a le château avec ses fossés et pont-levis, tours de la forteresse, la basse-cour, et au-dessous, une motte anciennement appelée la motte de Montsoreau ; une autre motte appelée Barbacane, des halles pour loger les marchands venant à mes foires et marchés, les boucheries, un jardin, le four à ban, hôpital ou aumônerie pour loger les pauvres passants, grands jardins et un étang, un moulin auquel j’avoue avoir droit de pouvoir contraindre mes sujets de venir moudre leurs grains…..plusieurs maisons, pièces de terre, droit de saumonage et primevère en la rivière de Loire,…….

 

 

Le chapitre 3 renferme des titres concernant les droits de prévôté, acquit, péage appartenant au seigneur, Comte de TREVES, tant en la rivière de Loire, que par terre.

Ces droits de prévôté, datant du 28 juin 1618,sont un précieux témoignage, une véritable photographie de la vie économique de cette époque qui nous permet d’apprendre les diverses marchandises et denrées que l’on pouvait trouver sur les foires.

Il s’agit d’une pancarte des droits de prévôté qui se lèvent sur les denrées et marchandises passant et repassant sur les fiefs et terres de la Baronnie de TREVES et ses branchères, par terres, savoir aux lieux de TREVES, aux TUFFEAUX, sur la levée à GENNES, à SARRE, à AVORT, à LOUERRE, et à Saint GEORGES, et par eau, sur les denrées et marchandises chargeant et déchargeant en l’étendue de la rivière de Loire, à prendre du côté du château depuis le ponceau des TUFFEAUX, jusqu’au ponceau de GENNES, et du côté de la levée, depuis l’échelle de pierre jusqu’à la borne qui est près les ROSIERS, vis-à-vis du ponceau de GENNES, ladite Baronnie appartenant à S.A.S, Monseigneur  le Prince…..

 

 

Rappelons que, par acte passé le 8 mars 1642, le Cardinal Richelieu se porta acquéreur de la Baronnie de TREVES, pour la transmettre le 16 au Maréchal de Maillé-Brézé.


Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu, cardinal-duc de Richelieu et duc de Fronsac, est un ecclésiastique et homme d'État français, né le 9 septembre 1585 à Paris et mort le 4 décembre 1642 dans cette même ville. Pair de France, il a été le principal ministre du roi Louis XIII

Le Cardinal Richelieu qui avait rendu son nom célèbre par la gloire de son ministère, crut devoir prendre les précautions les plus sûres pour conserver dans sa maison les dignités et les biens dont ses services étaient récompensés.

Ce fut dans cet esprit qu’il fit son testament à Narbonne le 23 mai 1642.

Le Cardinal Richelieu avait deux sœurs mariées, Françoise du PLESSIS, épouse de René de VIGNROT, marquis du Pont de Courlay, et Nicole du PLESSIS, mariée à Urbain de MAILLE, marquis de BREZE, Maréchal de France.
Du mariage de l’aînée étaient nés deux enfants.

 

 

 

 

Du mariage de la seconde étaient aussi venus deux enfants, savoir, Armand de MAILLE, duc de BREZE, et Claire-Clémence de MAILLE, qui fut mariée à Monsieur le Duc d’Enghien, autrement nommé le Grand Condé.

Tel était l’état de famille du Cardinal de Richelieu, dont il fit les dispositions, notamment pour ce qui nous concerne.
Il légua à Monsieur le Duc de BREZE le duché-pairie de FRONSAC, le marquisat de GRAVILLE, le Comté de BEAUFORT, la baronnie de TREVES, 300 000 livres qu’il avait dans le château de SAUMUR, et la ferme des poids de Normandie.
Pour Madame le Duchesse d’Enghien, sœur de Monsieur le Duc de BREZE, le Cardinal de Richelieu, leur oncle, ne fit aucune disposition en sa faveur ; elle avait renoncé par son contrat de mariage à la succession de son oncle, au moyen de la dot qu’il lui avait constituée.

 

 

 

 

 

 

Des lettres patentes du 23 août 1747 nous apprennent l’érection de la Baronnie de TREVES en Comté et réunion de justice de toutes les terres comprises au contrat d’acquêt du 27 mars 1747, en une seule et même justice sous le titre de Comté de TREVES.

 

 

 

 

 

 

 

 

Des lettres patentes de décembre 1762 portent la réunion au Comté de TREVES,  des terres, fiefs et droits du Prieuré de CUNAULT. Par cette acquisition, Jean de STAPLETON est propriétaire de la châtellenie de CUNAULT, chef-lieu, de la seigneurie de PELLEGROLLE, et seigneuries des paroisses de LOUERRE et FORGES, de la GRANGE de CUNAULT…..

 

 

 

 

 

En résumé, le premier chapitre du tome 2 nous apprend les droits dont la baronnie de Trêves, depuis érigée en comté, est fondée, à savoir :

  • Que ladite baronnie est une des clefs de la rivière de Loire, et pour la garde du châtel dudit lieu, il y a capitaine et autres gens.

  • Qu’elle a plusieurs hommes et sujets, tenant à foy et hommage simple et lige, censivement et autrement.

  • Droit de toute justice haute, moyenne et basse, forban, la connaissance des trois grands cas, c’est à savoir, rap, meurtre et encis.

  • Qu’elle est tenue et réputée pour baronnie ancienne du pays d’Anjou et en signe de la justice, à 4 piliers.

  • Et que, en signe de ce XXXX, il y a sénéchal, châtelain, capitaine, procureur, receveur, sergent et autres officiers, pour la garde et exécution de ladite justice.

  • La seigneurie des grands chemins de ladite baronnie, la correction et la punition des délits faits en iceux, tabellionnage, sceaux de contrats, foires, marchés, prévôté, coutume et péage de l’autre, les denrées passant et repassant et trépassant, tant par ladite rivière de Loire, que par terre

  • Fondation de Maison Dieu, Aumônerie et maladrerie et de plusieurs gros prieurés.

  • Branches de prévôté et acquit du corps de ladite Baronnie, le premier au lieu de TREVES, le second au lieu des TUFFEAUX, le troisième sur la levée de la rivière de Loire, le quatrième au lieu de GENNES, le cinquième au lieu de SARRE, le sixième au lieu d’AVORT, le septième au lieu de LOUERRE, et le huitième au lieu de Saint GEORGES.

  • Mesures à bled et à vin, marquées du sceau des armes de TREVES, le seigneur dudit TREVES s’appatronne à lui-même, qu’il baille à tous ses hommes, sujets et étagiers, avec droit de visitation, punition, correction et amende toutefois qu’il est trouvé qu’il y a avenant, faute auxdites mesures.

  • Et par ainsi, parce que dit, appert bien clairement, que ledit seigneur de TREVES est bien fondé d’avoir guet et garde de tous ses dits sujets audit château de TREVES.

  • Les lettres patentes du 16 février 1423 portant établissement de trois nouvelles foires audit lieu de TREVES, la première le mardi d’après l’Ascension, la seconde le mardi d’après la Saint Jean-Baptiste, et la troisième, le mardi d’après la Nativité de Notre-Dame, outre les trois foires qui ont accoutumé et qui d’ancienneté tiennent audit lieu de TREVES, au jour de Saint Lucas, Saint Mathieu et Sainte Catherine.

Les trois foires de nouvelle création sont transférées au bourg de CUNAUT par lettre patente donnée en faveur de Messire Jean DESTAPLON, chevalier, comte de TREVES, au mois de décembre 1762.

  • Les droits de prévôté, l’acquit et péage qui appartiennent au seigneur, comte de TREVES, tant sur la rivière de Loire que par terre, lesquels droits ont été augmentés par les lettres patentes de Charles, roi de France, donnée en faveur de Robert le MACON, le 7 novembre 1420, ratifiées postérieurement par celle de Louis XV, donnée à Versailles, en faveur de Messire Jean de STAPLETON, chevalier, comte de TREVES, au mois de décembre 1762, qui l’autorise à percevoir à l’avenir comme par le passé, lesdits droits de prévôté, acquit et péage sur les marchandises, denrées qui seront vendues et exposées auxdites foires de TREVES et de CUNAUT, et consignées dans les pancartes desdits droits.

Ces privilèges que nous venons de citer ont bien contribué à la puissance des barons de TREVES, au détriment de leurs sujets, accablés de charges, vivant dans la misère et la détresse….

Nous ne pouvons clore ce chapitre consacré à la baronnie de TREVES, sans évoquer SAINT-CLEMENT-des-LEVEES, appelé autrefois SAINT-CLEMENT de TREVES en VALLEE.

 

 

SAINT-CLEMENT de TREVES en VALLEE.

Voici ce que nous apprend le sixième chapitre dans le 42ème volume du Comté de TREVES.

En premier lieu, un extrait des registres de l’évêché d’Angers nous renseigne sur la fondation de la chapelle de la PERRELIERE sous l’invocation de Saint Clément sur la Levée, paroisse de TREVES, le 15 septembre 1505, décrétée le 11 mars 1506.

Sachent tous présents et à venir, que, en notre Cour des Palais d’Angers en droit par devant nous personnellement établi, Vénérable et Discrète personne, Maître Etienne GIRARD, prêtre, licencié en droit canon, curé de Notre Dame de SABLE et Prieur Commendataire du Prieuré de TREVES, soumettant lui, ses hoirs avec tous et chacun, ses biens meubles et immeubles, présents et à venir quels qu’ils soient, au ressort et juridiction de notre dite Cour, confesse de son bon gré, que comme il avait fait de nouvel édifice et ériger une chapelle en la paroisse dudit lieu de TREVES, au lieu appelé la PERRELERIE sur la LEVEE qui est loin de l’église paroissiale et la rivière de Loire à passer entre deux. Et à ce que icelle chapelle soit dorénavant entretenue en divin service,, et l’exemple qui est ladite rivière en ladite paroisse de TREVES, relève des inconvénients de périls qui pourraient survenir par les inondations des eaux et autres fortunes et accidents qui pourraient avenir, sans faire toutefois préjudice au curé de ladite paroisse, ledit GIRARD mêlé de pitié et de compassion pour les fortunes qui en sont arrivées et avenues, en son temps qu’il a vues à l’œil, de son bon gré, a fondé et doté ladite chapelle par ces présentes, et à icelle, donne et laisse, afin que le divin service soit en icelle fait, continu et servi,, les choses qui s’ensuivent, c’est à savoir, une ouche, maison, hérau, étant en prés, ladite chapelle en ladite paroisse contenant six boisselées de terre ou environ, joignant d’un côté à Pierre CHERAMY, et d’autre côté, au grand chemin de la Grand Voye, aboutant d’un bout à la terre de Richard PARRENNE, et d’autre bout, à la rivière de Loire, la Levée entre deux.

S’ensuivent plusieurs biens, notamment des terres, des vignes, des rentes……

Toutes lesquelles choses sont situées et assises au fief dudit prieuré de TREVES et de son propre acquêt, pour lesquelles il y a ???? par ces présentes à ladite chapelle et aux chapelains d’icelle aux devoirs anciens et accoutumés, et à ce que icelle chapelle puisse être entretenue en divin service, il a voulu et veut soit dédiée et fondée en l’honneur de Dieu, de Notre Dame, et de Monsieur Saint Clément, et que le chapelain qui sera institué en icelle soit tenu dire ou faire dire et célébrer une messe par chacune semaine de l’an et tel jour qu’il lui plaira et de l’office qui sera du jour qu’il dira ladite messe en faisant prière pour ledit fondateur et commémoration de lui ; et à la charge d’entretenir ladite chapelle en réparation, de laquelle y celui fondeur, a réservé à lui sa vie durant le droit de patronage et présentation ; et après son décès, il a voulu et veut que, y celui droit de patronage et présentation soit et appartienne au fils aîné de feu Philippe GIRARD, son frère, et après, au plus prochain et principal héritier dudit Philippe GIRARD, portant le nom des GIRARD…..

Présents, Messire Julien BERETRELIN, prêtre, et Jehan GIRARD, témoins à ce requis Donné à ANGERS, ce quinzième jour de septembre, l’an mille cinq cent cinq, ainsi signé FRADIN et ficelé en queue double de cire verte.

 

Le 6 mars 1696, une ordonnance de Monseigneur l’Evêque d’ANGERS nous renseigne pour l’établissement des fonts baptismaux en la chapelle de Saint Clément de TREVES, pour les enclaves de CUNAULTS et TREVES, qu’il sera établi un vicaire amovible ; ledit évêque lui a assigné et assigne outre et par-dessus les 150 livres qu’il touche pour ladite desserte, 60 livres qui seront payés par le décimateur de ladite enclave de CUNAULT.

 

 

 

BENEDICTION FONTS BAPTISMAUX ST CLEMENT 1696

Ces fonts baptismaux furent bénis le 3 avril suivant par l’abbé Gaspard de CONTADES.

 

Des documents nous apprennent les conflits entre le curé de TREVES et le desservant de l’église de Saint CLEMENT de TREVES en VALLEE.

Le curé de TREVES réclame des droits curiaux sur l’église de Saint CLEMENT ; mais le curé de Saint CLEMENT ignore les ordonnances établies par le curé de TREVES.

C’est également, selon le curé de TREVES, très préjudiciable aux habitants de TREVES, ils se trouvent seuls, chargés des réparations du prieuré, de l’entretien des bâtiments de leur église, des cloches et de la sacristie, car depuis ladite ordonnance, deux cents habitants de ladite vallée ne veulent pas contribuer à toutes ces dépenses, se retranchant à leur succursale.

Voici ce que nous apprend un mémoire rédigé par le curé de l’église de TREVES…..

La paroisse de TREVES est composée de deux villages séparés par la rivière de la Loire. Le village où est l’église paroissiale et le presbytère est le même où est le château des anciens barons de TREVES et où résident leurs fermiers.

Cette portion de la paroisse de TREVES est composée d’environ trente feux ou familles, généralement toutes pauvres, sans en excepter une seule d’où l’on peut conclure que le casuel en est bien modique.

L’autre portion de cette paroisse située de la Loire communément appelée en vallée ou sur la levée est composée de deux-cents feux et plus, gens pour la juste moitié commodes et aisés d’où l’on peut conclure que le casuel en est beaucoup meilleur.

Dans cette portion de la paroisse de TREVES située en vallée, il y a une chapelle dite de SAINT-CLEMENT, dépendante d’un petit bénéfice du patronage de son Altesse Sérénissime que possède un nommé RICHARD demeurant à PARIS. La maison dépendante de ce petit bénéfice est tombée en ruines par la négligence dudit RICHARD et est inhabitée.

Comme cette maison est située sur la levée tout au-devant de la porte de ladite chapelle de Saint-Clément, elle pourrait servir de presbytère à un curé.

Monseigneur Michel PELLETIER, évêque d’Angers avait par acte du 6 mars 1696, fit ériger en succursale cette petite chapelle, dont on a depuis augmenté l’étendue pour contenir le peuple ci établi, un desservant pour le service d’icelle, un tabernacle, des fonts baptismaux et un cimetière, de telle sorte que le prêtre curé alors de TREVES se vit enlever quatre parts de cinq de tout ses ouailles de sa paroisse et de tout son casuel, nonobstant sa protestation faite pour lui et ses successeurs, tant pour le spirituel que pour le temporel, lorsqu’on le força de signer le procès-verbal….

Ledit seigneur évêque semble avoir entièrement détaché de la paroisse de TREVES cette portion et y avoir voulu établir un curé amovible contre les canons et les ordonnances de nos rois dans son dit décret, il ne fait aucune mention du curé de TREVES ; il ne lui a réservé aucun de ses droits.

On ne fait même pas mention dans ce décret d’aucun consentement du patron ecclésiastique de ladite paroisse de TREVES qui est Monsieur PELLETIER, résidant à SAINT SULPÏCE de PARIS, en qualité d’Abbé de SAINT AUBIN d’ANGERS……

Le 5 novembre 1726, une requête est présentée par Maître Louis BEUSNIER, prêtre desservant de Saint Clément de TREVES en Vallée, à Monsieur le Sénéchal de TREVES, à l’effet de faire blanchir les murs de l’église dudit Saint Clément, ladite requête répondue de son ordonnance de Mondit Monsieur le Sénéchal qui permet de faire blanchir ladite église, et que procès-verbal sera fait de ce que les armes des seigneurs de TREVES existent dans ladite église

 

 

 

Le 27 mai 1727, un certificat de Maître Louis BEUSNIER, desservant de St Clément de TREVES, qui prouve qu’il y a proche de la chaire de ladite église de Saint Clément, un écusson du Baron de TREVES, de Monsieur le Comte de LAVAL et non d’autres.

 

 

 

 

 

Une lettre en date du 20 avril 1750 de Madame la Marquise de la BRETESCHE à Monsieur le Comte de STAPLETON, seigneur de TREVES, par laquelle elle le prie de lui permettre, comme seigneur de Saint-Clément, de mettre un ban dans l’église du lieu.

Veuve de Monsieur le Marquis de la BRETESCHE, gouverneur et lieutenant général de la ville et château de POITIERS, dont le frère aîné était lieutenant général des armées du roi, elle sollicite le comte de STAPLETON, de placer ce ban dans le longement que l’on vient de faire, c’est-à-dire au-dessus de ceux des femmes de notaires dudit village, étant la seule femme de condition qui demeurera dans ladite paroisse ; elle précise qu’elle a acheté une petite terre, il y a sept ans, à cause du bel air. Où elle compte aller finir ses jours.

Cette chapelle fut détruite en 1848. Elle fut remplacée par une église érigée face à la Loire.Elle fut inaugurée le 2 août 1855

 

EGLISE DE SAINT CLEMENT, PATRON DES MARINIERS EN ANJOU

 

 

 

Les prochains chapitres seront consacrés aux terres et seigneuries relevant de la Baronnie de TREVES, à savoir :

  • Châtellenie de PIMPEAN et la BRIMONDIERE – Droits honorifiques du seigneur de TREVES dans l’église de GREZILLE

  • Châtellenie de MONTSABERT - Droits seigneuriaux dans l’église de COUTURE.

  • Terre et seigneurie de BILLE en COUTURE

  • Terre et seigneurie du PLESSIS THIOURT – Droits seigneuriaux dans l’église de Saint Georges des Sept Voies

  • Terre et seigneurie de la SANSONNIERE – Droits seigneuriaux et de sépulture dans l’église de Saint Georges des Sept Voies

  • Terre et seigneurie de la BRUERE en GREZILLE

  • Terre et seigneurie d’ETIAU en COUTURE

  • Fiefs et seigneurie de BARBACANNE, de BELAIR, de SAUGRE et de VIROLAIS en DENEZE

  • Fief de BOIS-DEMION en Vallée, des Grands Démion.

  • Châtellenie de la GENNEVRAYE – Droits seigneuriaux dans l’église Saint-Nicolas

  • Fief et seigneurie de SARRE en Saint Vétérin de GENNES

  • Fief de LIGNIERES en SARRE

  • Terre et seigneurie de la HARIELLE et du MERDERON

  • Fief de l’ETANG de GENNES

  • Droits seigneuriaux du comté de TREVES sur les prieurés de Saint-Aubin de TREVES, de Saint MACE, de CHENEHUTTE, de CUNAUD, de Saint GEORGES des SEPT VOIES, de Saint-Jean d’HERBAULD

  • Chapelles de la Madeleine en l’église Saint-Aubin de TREVES, de Saint Jean-Baptiste annexée au prieuré Notre-Dame de la Fidélité de Laval-Lezay à TREVES, de Saint Nicolas de Bonnezeaux en Sainte Croix d’Angers, de l’ermitage Saint Jean de la Rondière, des Prés-Noyaux à TREVES, de Saint Clément des Levées. Actes de fondation.

 

D'origine angevine, Robert est anobli en mars 1401, et devient six ans plus tard conseiller de Louis II, duc d’Anjou et roi de Sicile.

Partisan de la maison d'Orléans, il est nommé chancelier d'Isabeau de Bavière le 29 janvier 1414, puis le 20 juillet 1414 commissaire, et en juin 1416 chancelier du comte de Ponthieu, auprès de Charles VII .

Le 16 août 1416, il achète la baronnie de Trèves en Anjou, et porte par la suite le titre de seigneur et baron de Trèves .

Quand Paris est surpris par les Bourguignons dans la nuit du 29 mai 1418, il aide Tanguy du Chastel à sauver le Dauphin Charles. Son dévouement à la cause de ce dernier attire sur lui le courroux de Jean Sans-Peur, duc de Bourgogne, et il est exclu de l'amnistie politique du traité de Saint-Maur le 16 septembre 1418. Il conserve pourtant son siège au conseil du roi. Il est aux côtés du Dauphin quand Jean Sans-Peur est assassiné au pont de Montereau le 10 septembre 1419, mais il ne participe en aucune façon à l'assassinat du duc. Robert avait même tout fait pour persuader le Dauphin de ne pas assasiner son ennemi. Une lettre écrite le 16 juillet 1425 pat Tanguy du Chastel disculpe totalement le chancelier : ... à tous et par la foy et serment de nostre corps, sur l'honneur que devons à la chancellerie et sur le dampenment de nôtre âme, que le dit Robert le Maçon seigneur de Trèves ne fut présent au conseil de donner la mort au duc de Bourgogne.

Il démissionne au début de 1422 ; mais il continue à exercer une grande influence, et en 1426 il réconcilie le roi et Jean V, duc de Bretagne. Il est fait prisonnier par Jean de Langeac, sénéchal d'Auvergne, en août 1426, et enfermé pendant trois mois dans le château d'Usson. Quand il est remis en liberté, il soutient avec fermeté Jeanne d'Arc contre toutes les cabales qui la menacent. C'est lui qui signe le brevet de noblesse pour la famille d’Arc en décembre 1429. On lui confie aussi une ambassade en Bretagne en 1430. S'étant retiré de la vie politique en 1436, il est mort sur 28 janvier 1443, et a été enterré à Trèves où son épitaphe peut encore être vue

. C’est Jeanne de MORTEMER, qui ? fin février 1429, va inspecter la virginité de Jeanne d’Arc.